DISPOSITIF
HÔTEL MÉTROPOLE
HABITER LE
GRAND PARIS
RECHERCHE
RE–003
Le tissu métropolitain francilien n’est pas le tissu urbain. Le premier intègre des éléments que l’on ne retrouve pas dans le second. Le tissu urbain, celui de la ville, possède une certaine continuité : continuité du bâti, continuité de l’espace public, continuité des parcours et des usages, du centre vers les limites administratives de la ville. Si parfois l’on observe des continuités dans le tissu, des coutures dans les usages, à l’échelle métropolitaine, ce que l’on observe, ce sont des ruptures mises en place par la géographie, des discontinuités et des traumatismes causés notamment par l’ossature des infrastructures de transport.
La ville et la métropole constituent deux réalités de territoire différentes, des filtres qui interagissent, se croisent et se superposent. L’échelle métropolitaine n’est pas la négation des échelles inférieures du territoire, pas plus qu’elle n’est la ville étendue ; ce sont deux échelles nécessaires pour comprendre et décrire l’expérience humaine contemporaine, renvoyant à des aspirations fondamentales et complémentaires. Il existe une tension latente entre le besoin fondamental d’habiter, de se situer, de construire du propre, et la nécessité de faire l’expérience du collectif et de l’appartenance partagée, du réseau, de s’affranchir des spécificités de l’espace.
Le saut d’échelle permet de saisir – dans la limite de ce qu’il est possible de représenter – l’existence d’une masse critique d’informations, de déplacements et de pratiques au sein d’un territoire dont les limites importent peu. Nous souhaitons construire un dispositif capable de produire de l’urbanité à partir de ce qui est proprement métropolitain, de transformer l’énergie cinétique dégagée quotidiennement à l’échelle métropolitaine et de la translater dans les territoires qu’elle irrigue.
Traditionnellement, habiter, c’est s’inscrire, entretenir un rapport d’attachement, de proximité et d’affection avec le lieu d’où l’on est, où l’on retourne. C’est le territoire du « je », qui trouve sa traduction en architecture dans l’allégorie de la maison, de la cabane ou du toit. La compréhension que nous avons du fait métropolitain nous a amenés à construire une typologie d’habitat proprement métropolitain, en réponse à l’intuition que l’on n’habite pas la métropole comme on habite la ville ou le village, que nous ne sommes pas « grand parisien » ou « francilien » au même titre que l’on est parisien, melunais ou courneuvien.
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PROGRAMME
« Hôtel Métropole » est un projet de recherche né de l’Atelier international du Grand Paris (AIGP) qui propose de repenser la carte éclatée de la métropole du Grand Paris à partir de cartographies-fictions. Le dispositif mis en place potentialise les fonciers existants dans l’attente de leur éventuelle mutation, infiltrant en douceur une urbanité, sans imposer un modèle unique de ville.
DÉTAIL
Situation
Paris, France
Année
En cours
Statut
Atelier international du Grand Paris (AIGP), Groupement d’intérêt public (GIP), Paris
Commanditaire
Conseil scientifique, atelier international de recherches et d’expérimentations
Architecte et urbaniste mandataire
Dominique Perrault Architecte
Urbaniste
Jean-Louis Subileau
Philosophe
Frédéric Migayrou
Mathématicien
Henri Berestycki
Réalisateur et producteur
Richard Copans
DESCRIPTION
« Hôtel Métropole » est un projet né de l’Atelier international du Grand Paris, qui propose de repenser la carte éclatée de la métropole du Grand Paris à partir de ses équipements majeurs — hôpitaux, prisons, tribunaux, universités, centres commerciaux… — qui forment une constellation de lieux indispensables mais sans structures pour y vivre. Partout où la métropole oblige à venir, « Hôtel Métropole » invente un droit à rester. C’est une réponse à ces mobilités contraintes, à ces déplacements de la vie réelle, subis ou choisis, qui dessinent une autre géographie de la métropole. Autour de ces pôles d’usage, le concept d’« Hôtel Métropole » imagine un réseau de lieux d’accueil pour dormir, télétravailler, recevoir, s’abriter, une chambre ouverte sur la métropole, afin de réduire les déplacements subis et d’habiter autrement la carte des usages. Plus qu’un bâtiment, c’est un dispositif minimal, souple, qui s’installe sur les fonciers existants, en attente de mutation : une façon d’infiltrer de l’urbanité, d’accompagner les vies réelles, sans imposer un modèle unique de ville. Des cartographies-fictions offrent une lecture des constellations métropolitaines pour dessiner une carte de services plutôt qu’une carte politique ou administrative, car la métropole n’est pas une ville continue, mais une collection d’histoires et de besoins dispersés. C’est un outil pour rendre la ville habitable là où elle ne l’est pas, un projet d’urbanité mobile, pragmatique et profondément humain.
EN SAVOIR PLUS
Habiter le Grand Paris, c’est :
– avoir accès sans discrimination au réseau et à l’offre métropolitaine ;
– reconnaître que l’on ne vit plus comme autrefois, que l’économie de l’espace, du mouvement et du temps n’est plus celle d’il y a trente ans, et proposer, sans l’imposer, une nouvelle façon de se situer dans un territoire autrement plus riche que ne l’est la ville ;
– être lucide sur la configuration socio-économique métropolitaine : pénurie du foncier, évolution de la famille traditionnelle, allongement de la durée de vie, complexité de l’acte de construire, tertiarisation, internationalisation et virtualisation des modes de vie… ;
– apporter des solutions concrètes, réalistes, en temps et en moyens, pour produire des habitats à destination d’une population éprouvant un besoin en logements urgent, ponctuel ou fréquentiel.
– répartir en bonne intelligence sur le territoire métropolitain des équipements permettant de combler le retard de la métropole parisienne en matière d’accueil car, si la métropole est un territoire où vivent près de 12 millions de Franciliens, c’est également un lieu où l’on arrive (38 000 nouveaux ménages par an), un lieu où l’on habite ponctuellement (1 500 chercheurs étrangers, 10 millions de touristes d’affaires, 625 000 étudiants universitaires…), un lieu qui doit produire les structures pour répondre aux situations de précarité et de douleur (500 000 emplois précaires, 25 000 divorces par an, 17 % de la population hospitalisée pour de courts séjours…).
PROJETS EN LIEN






